La face cachée du don

Lorsque nous déposons nos sacs de vêtements usagés dans les containers de don, nous pensons tous faire un beau geste. En effet, dans notre tête, ces vêtements seront donnés aux nécessiteux. En réalité, ces dons n’aident pas autant qu’on pourrait le croire. Pourquoi ?

Le business du seconde main

Une grande partie des vêtements de seconde main se retrouve entre les mains d’entreprises privées, qui gagnent des millions grâce à ces vêtements gratuits. Comment ?

Ils collectent les vêtements en Europe et les exportent dans des centres de tri. Les vêtements y sont alors catégorisés: les belles pièces sont vendues aux commerçants de seconde main, le reste part en Asie pour être transformé en d’autres produits. Très peu de charité, donc.

Concurrencer un produit gratuit

Certes, pas toutes les bennes sont gérées par des entreprises privées. Certaines ONG et ASBL sont réellement à la recherche de vêtements pour les plus démunis, au niveau local ou international.

Mais ici aussi, il faut relativiser et être conscient de l’impact de ton don. Il peut être utile en temps de crise mais peut, à long terme, avoir un effet pervers.

Là, tu te dis sans doute que je déraille ! Mais non, je m’explique: tes dons seront les bienvenus pour se relever après une catastrophe naturelle par exemple. Par contre, ils empêcheront le pays de se reconstruire et d’être autonome une fois cette crise terminée. Comment, en effet, rivaliser avec un produit gratuit ? L’économie et l’activité locale ne se relancera pas et la situation de crise deviendra la norme.

C’est un aspect assez « tabou » de l’aide humanitaire qui, au premier abord, est difficile à digérer. Pour mieux le comprendre, je te propose de regarder le documentaire Poverty, Inc de Michael Matheson Miller. Si tu n’a pas accès au film en entier, les extraits disponibles sur le site relatent les parties les plus importantes.

Du coup, que faire ?

Tout d’abord, assure-toi que les organisations qui récoltent tes dons en font bon usage. Le réseau RESSOURCES a mis en place le label Solid’R afin de distinguer les organisations qui s’engagent au respect de règles éthiques et solidaires. Ainsi, tu as la certitude que ces biens seront revalorisés dans cet objectif.

Ensuite, pense à réutiliser tes vieux vêtements autrement avant de les donner (troc, vente en brocante, donnerie locale). L’idée n’est certainement pas d’arrêter le don mais de diminuer de quelques tonnes le nombre de vêtements que nous envoyons pour permettre une aide plus rationnelle et adéquate.

Finalement, achète moins de vêtements ! Consommer et jeter moins reste la meilleure action pour la planète. Et l’argent que tu économiseras de cette manière, pourquoi ne pas le verser à des ONG et ASBL qui aident les entrepreneurs locaux des pays dits ‘en voie de développement’ ? 😄

Pour en savoir plus



✏️ Florence, fan de seconde main et de recup’. 
Cet article présente l’aspect social et humain du projet, une des ses grandes motivations à promouvoir le troc de vêtements !

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